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3 janvier 2019
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Face aux prix immobiliers records, de plus en plus d’acheteurs jettent l’éponge

Prix cher immobilier

L’euphorie est en train de retomber sur le marché de l’immobilier. Malgré les conditions de crédits, les acheteurs ont du mal à suivre la progression des prix. (LaVieImmo.com).

La demande cale et ne suit plus l’envolée des prix. En juillet, le nombre de compromis de vente signés a encore reculé de 7% sur un an, selon les données du dernier baromètre LPI-SeLoger publié ce mardi. Sur un trimestre (du mois de mai au mois de juillet), le repli atteint même 16,5% par rapport à la même période il y a un an. Dans les deux cas, il s’agit du plus fort ralentissement observé en glissement annuel depuis 2013.

Il faut néanmoins rappeler que les transactions avaient battu tous les records en 2017. Dans l’ancien, une chute de 15% par exemple des transactions sur l’ensemble de l’année nous ramènerait à environ 816.000 transactions, soit à peine en-dessous de 2016 et peu ou prou le niveau des années d’avant-crise.

Le ralentissement observé actuellement n’a donc rien d’alarmant… pour l’instant. Mais c’est un signal fort pour le marché. D’autant que le mouvement a tendance à s’amplifier mois après mois. « La demande est (…) affaiblie, autant par la hausse des prix des logements qui a sensiblement dégradé la solvabilité des candidats à l’achat, que par la suppression des aides personnelles à l’accession qui pénalise particulièrement les primo-accédants », analyse dans un communiqué Michel Mouillart, professeur d’économie et porte-parole du baromètre LPI-SeLoger.

Depuis le 1er janvier 2018, l’APL accession, destinée aux ménages modestes, est supprimée dans le neuf et limitée à certaines zones dans l’ancien.

Des conditions de crédits exceptionnelles. Toutes durées confondues, les taux ont reculé à 1,43% en moyenne en juillet, selon les données de l’Observatoire Crédit Logement / CSA. et les banques accordent des prêts sur des périodes de plus en plus longues. En moyenne, les Français empruntaient sur 222 mois en juillet, soit 18,5 ans. Nous sommes très proches des records de durée atteints fin 2007, juste avant la crise, où la moyenne culminait à 225 mois.

En dehors des ménages déjà propriétaires, il reste donc très peu de marges de manœuvre pour les primo-accédants. Les taux peuvent difficilement descendre plus bas et les durées moyennes sont déjà très élevées. D’ailleurs, les prix ont un peu reculé après un printemps dynamique.

Au cours des trois derniers mois, le coût du mètre carré baisse dans la moitié des grandes villes. Si sur un an, les prix augmentent encore (+4% dans l’ancien en juillet), cette progression ne cesse de ralentir.

Une demande fragile dans certaines villes. « Les vendeurs doivent réviser leurs ambitions ou risquer un accroissement des délais de vente, voire la perte des acheteurs », prévient Michel Mouillart. « Seules les tensions constatées sur quelques grandes agglomérations atténuent encore l’inflexion de la courbe des prix » à l’échelle de la France, précise-t-il.

Dans le détail, sur un an, les prix dans l’ancien continuent de progresser de 7,3% à Paris en juillet, 8,9% à Rennes, 10% à Lyon, 12% à Angers ou encore 13,6% à Bordeaux.

Dans d’autres villes, la hausse est plus modérée, comme à Marseille (+0,7%), Dijon (+2,1%) ou Toulouse (+3,2%). En revanche, les prix sont en recul à Nice (-0,6%), Béziers (-1,1%) ou Dunkerque (-3,8%). « Les villes les moins chères, sous les 1700 €/m², sont aussi celles où les prix reculent le plus souvent en réponse à une demande budgétairement fragile et fortement impactée par la suppression des aides personnelles ». Signe que la demande, en dehors des villes et des quartiers les plus prisés, s’essouffle.